24Heures - 22/06/2002
Banque d’organes en projet

Pascale Baer-Lilla et son fils Guy se sont lancé le défi de mettre au point un inventaire informatisé facilitant la gestion des organes disponibles.

En fait, ils y avaient déjà vaguement pensé, mais les protagonistes du monde de la transplantation ont jusqu’ici préféré recenser exclusivement les malades en attente d’organes sains. Et puis l’idée de créer une banque de données informatisée qui permettrait, en parallèle, de recenser les donneurs potentiels semblait trop coûteuse à une fondation Swisstransplant qui ne bénéficie par ailleurs d’aucun soutien financier de la part de la Confédération. Se proposer, comme le fait aujourd’hui la Montreusienne Pascale Baer-Lilla, de combler cette lacune relève donc à la fois du besoin vital, de la cohérence la plus élémentaire et du défi personnel pour une femme qui, au début du mois de janvier dernier, perdait son fils aîné, Denis, dans un accident de la route.

Ce malheur fut précisément le déclencheur de l’action entreprise par Pascale Bear-Lilla, qui déplore que rien, hormis la carte personnelle autorisant le prélèvement d’organes, ne permette de connaître les dernières dispositions biologiques d’un mourant. Par chance, elle-même était au courant de celles de son fils alors que Denis Baer-Lilla ne portait pas sur lui sa propre carte Swisstransplant au moment du drame. Son décès aura ainsi permis, malgré l’absence du document, de soulager nombre d’autres vies humaines grâce à la transplantation de sept de ses organes. Afin d’éviter tout flottement de dernière minute à ce sujet, sa mère entend que les noms et prénoms des donneurs potentiels figurent désormais sur une banque de données centralisée et accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

"Passez le Relais"

Pascale Baer-Lilla et son fils cadet, Guy, se sont donné trois mois pour rassembler les 100000 francs nécessaires à la création d’une fondation dénommée "Passez le Relais" dont l’un des buts sera le recensement informatisé des personnes autorisant le prélèvement post mortem d’un ou plusieurs de leurs organes et cela afin que les milieux médicaux puissent enfin avoir une idée précise de l’offre par rapport à la demande.

La Montreusienne, directrice marketing dans une université privée de la Riviera, a pris un congé sabbatique de trois mois pour réussir son défi, convaincue qu’elle est de sa pertinence dans un pays cruellement à la traîne en matière de transplantation. L’an dernier, il ne s’est en effet trouvé que 95 donneurs pour 1030 patients en attente d’une greffe.

Dans un premier temps, son idée est de constituer elle-même ladite base de données, puis de la tenir à jour jusqu’à ce qu’elle puisse être confiée à une instance officiellement reconnue. "Je ne cherche ni gloire ni honneur. Je veux simplement que soit traitée de façon plus méthodique la question du testament biologique", insiste-t-elle. Le 1er juillet prochain, Pascale Baer-Lilla présentera son projet au comité de Swisstransplant.

UTILE
Les personnes disposées à s’engager d’une manière ou d’une autre en faveur de "Passez le Relais" peuvent contacter Pascale Baer-Lilla, de préférence par e-mail à l’adresse suivante: info@passezlerelais.org ou par téléphone au 021.9641915.